Comment expliquer l’échec commercial de l’Airbus A380 ?

https://iej3F.fr/national/economie/aeronautique/industrie/airbus/comment-expliquer-echec-commercial-A380-raisons-arret-production-airbus.html

Fin de course pour l’A380. La nouvelle est tombée ce jeudi 14 février 2019 : le groupe aéronautique Airbus est en passe d’arrêter la production de son vaisseau d’ici 2021. L’avion de ligne qui a fait la fierté de l’industrie ne rapporte plus assez. Retour sur les raisons de cet échec commercial.

La production des avions Airbus A380 s’arrêtera d’ici 2021

• Des annulations de commandes importantes

Thomas Enders, président exécutif d’Airbus Group, a annoncé que les livraisons de l’A380 cesseraient en 2021. Depuis un certain temps, cet avion de ligne civil très gros porteur long-courrier ne correspond plus aux besoins de ses principaux clients. A ce sujet, l’homme d’affaires allemand a précisé : “La conséquence de cette décision est que notre carnet de commandes n’est plus suffisant pour nous permettre de maintenir la production de l’A380, et ce, malgré tous nos efforts de ventes auprès d’autres compagnies ces dernières années. […] Par conséquent, après une analyse approfondie, nous sommes arrivés à la conclusion qu’il ne valait pas la peine de continuer à dépenser des ressources”. Premier coup dur pour le groupe d’avionneurs : l’annulation d’une première commande de huit A380 par la compagnie aérienne Qantas, jeudi 7 février dernier. La compagnie australienne se contentait ainsi des 12 exemplaires déjà reçus depuis sa commande de 2006. Avec cette annonce, le directeur commercial d’Airbus , John Leahy, évoquait alors déjà l’éventuel arrêt du programme A380 si aucun accord important ne parvenait à être signé pour de nouvelles commandes. Le coup fatal tombe ce jeudi 14 février 2019, après que la compagnie aérienne de Dubaï Emirates, principale cliente de l’A380, informe Airbus de l’annulation d’une commande de 39 appareils. En effet, celle-ci avoue ne souhaiter se contenter des 14 exemplaires qu’elle doit recevoir dans les deux prochaines années.

Dubaï Emirates et Qantas, parmi les principaux clients d’Airbus Group

• Un A380 en décalage avec les problématiques actuelles

Inauguré en 2005, l’Airbus A380 est un avion très gros porteur lancé dans le but de concurrencer le Boeing 747 américain. Le premier vol commercial de l’A380 de 2007 semble prometteur et, en 2015, le directeur exécutif d’Airbus de l’époque, Fabrice Brégier, déclare : “Les gens adorent l’A380 en tant que passagers, mais pas les compagnies”. En cause : ces dernières pointent un prix de vente trop élevé. D’autre part, le vaisseau consomme également beaucoup de carburant. Pour être rentable, l’avion doit emporter, dans une même journée, au moins 20% de passagers en plus que son concurrent américain, le Boeing 747. Or, les liaisons long-courriers offrant un tel potentiel de trafic présentent des limites. A ce sujet, Guillaume Faury, nommé en remplacement de Thomas Enders pour avril 2019, a annoncé : “Il y a beaucoup d’émotion car c’est un programme emblématique, mais il faut regarder devant, vers des appareils qui consomment moins en carburant, respectueux de l’environnement, comme l’A350 qui a gagné ses lettres de noblesse”.

Un avion trop gourmand pour les compagnies aériennes

• Une situation économique pas au niveau

Il est annoncé que 3000 à 3500 postes seront affectés dans les trois prochaines années en Europe, dont 700 à Toulouse. Loin des 1200 commandes envisagées au lancement du programme A380, Airbus a seulement livré 234 exemplaires de son vaisseau , sur un total de 288 commandes depuis son lancement commercial. D’un point de vue économique, en 2018, Airbus Group a réalisé un chiffre d’affaires total de près de 64 milliards d’euros. Par rapport à 2017, le groupe aéronautique a enregistré une hausse de 8%, et un bénéfice de plus de 3 milliards d’euros. Un succès uniquement amorti grâce aux autres programmes, tels les avions moyen-courriers de la compagnie.

Selon Christian Estrosi, il est important de relever que l’A380 est un échec commercial, mais pas industriel. Il estime que notre gros porteur “nous permettait d’être un concurrent de poids sur la scène internationale”, son arrêt mettant en péril l’avenir industriel de l’Europe. A ce sujet, l’ex-ministre de l’Industrie a affirmé qu’il était désormais “temps que l’Union européenne relève le gant et se décide à bâtir de grands groupes industriels”. Rappelons que Boeing reste le premier constructeur mondial avec un chiffre d’affaires de près de 90 milliards d’euros en 2018.

Pauline Borgogno — IEJ 3F G2

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